Depuis la nuit des temps, les êtres humains ont été fascinés par la chance, le hasard et la possibilité de gagner plus que ce qu’ils possédaient. Que ce soit en lançant des osselets en Mésopotamie ou en misant quelques pièces sur une roulette virtuelle, les jeux d’argent ont évolué avec les sociétés. Ce long parcours historique reflète à la fois les mœurs, les interdits religieux, les innovations technologiques et les bouleversements économiques de chaque époque.

Bien avant que l’idée d’un casino n’émerge, les civilisations antiques pratiquaient déjà des formes de paris et de jeux de hasard rudimentaires.
Les premières traces de jeux d’argent remontent à près de 3000 ans av. J.-C. En Mésopotamie, des dés taillés dans l’os ont été retrouvés dans des tombes. Ces objets, loin d’être anodins, servaient à jouer, mais aussi à interroger le destin.
En Égypte, les pharaons eux-mêmes auraient parié sur des jeux de société semblables au senet, un jeu de parcours symbolisant le passage vers l’au-delà. Chez les Grecs, les jeux avaient à la fois une dimension ludique et philosophique. Socrate ou Platon les évoquaient comme des reflets de la condition humaine, où la fortune pouvait basculer en un instant.
Les Romains ont, quant à eux, transformé les jeux en véritables événements populaires. Les paris sur les courses de chars ou les combats de gladiateurs étaient monnaie courante. Malgré l’interdiction officielle des jeux de hasard, l’empire fourmillait de jeux clandestins.
Le tabula, ancêtre du backgammon, était extrêmement populaire. Et déjà à cette époque, les autorités luttaient contre les excès des joueurs... sans grand succès.
Après la chute de Rome, l’Église prend le dessus sur la vie sociale en Europe, ce qui modifie profondément la perception des jeux d’argent.
Durant le Moyen Âge, les jeux d’argent sont considérés comme des péchés par l’Église catholique. Pourtant, ils persistent, notamment dans les tavernes et foires. Les dés, cartes et jetons circulent discrètement, malgré les interdits.
Cependant, certains souverains tolèrent leur existence, à condition de pouvoir les taxer. En France, Philippe le Bel impose déjà des restrictions pour limiter les pertes chez les soldats et fonctionnaires.
Au XVe siècle, l’Italie invente la lotto, qui combine hasard et collecte fiscale. C’est un succès immédiat : les États découvrent qu’on peut financer des infrastructures publiques grâce au jeu.
Au XVIIe siècle, Venise inaugure le Ridotto, souvent considéré comme le premier casino officiel. On y joue en habits de soirée, et l’entrée est réservée aux classes aisées. L’idée se propage rapidement à travers l’Europe.
Tableau – Évolution des jeux d'argent en Europe (XVe - XVIIIe siècle)
| Période | Type de jeu populaire | Encadrement légal | Public concerné |
| XVe siècle | Loteries publiques | ✅ Autorisé dans certaines villes | Classes moyennes et riches |
| XVIIe siècle (Venise) | Jeux de cartes, dés | ✅ Cadre officiel (Ridotto) | Aristocratie |
| XVIIIe siècle (France) | Biribi, loteries royales | ❌ Puis interdit sous Louis XV | Population urbaine |
Ces données illustrent l’ambivalence des sociétés face au jeu : à la fois attirées par le gain et méfiantes face aux dérives sociales.
Au XIXe siècle, les jeux prennent une tournure plus organisée, notamment avec l’émergence des grands établissements physiques.
C’est à Monte-Carlo, en 1863, qu’est fondé l’un des casinos les plus emblématiques au monde. La noblesse européenne y vient chercher élégance et frissons.
Aux États-Unis, après la légalisation partielle du jeu dans certains États, Las Vegas devient un symbole mondial du jeu et du divertissement dans les années 1930. Les salles y sont immenses, décorées avec faste, et associées à la musique, la danse et l’alcool.
Ce modèle de casino “tout-en-un” inspirera de nombreux pays.
L’apparition des premières machines à sous à la fin du XIXe siècle change la donne. Plus simples que les jeux de table, elles permettent à tout un chacun de tenter sa chance, sans stratégie ni croupier.
Voici quelques raisons pour lesquelles les machines ont si bien fonctionné :
Les machines deviennent rapidement les stars des casinos terrestres, représentant une part croissante des revenus.
Il est temps de s’attarder sur certains mythes autour des jeux d’argent. Ces idées préconçues peuvent influencer le regard que l’on porte sur cette pratique.
Faux. Comme nous l’avons vu, les jeux d’argent remontent à des milliers d’années. Ils ont accompagné l’évolution de l’humanité, en s’adaptant aux technologies, aux croyances et aux systèmes politiques.
Cette affirmation peut être vraie si l’on choisit des plateformes non réglementées. Mais les casinos en ligne sous licence (comme ceux validés par l’ARJEL ou la Malta Gaming Authority) offrent des niveaux de sécurité comparables à ceux des banques.
Il existe aussi des aspects souvent oubliés dans les récits historiques classiques :
Ces éléments montrent à quel point le jeu d’argent est lié à l’économie, aux genres et à l’organisation sociale des sociétés.
Des temples antiques aux plateformes numériques, l’histoire des jeux d’argent est un miroir de notre relation au risque, à l’espoir et au plaisir. Chaque époque y a projeté ses angoisses et ses rêves, parfois ses excès.